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Le mal de cou est un trouble très intéressant ostéopathiquement parlant, bien que peu agréable pour le patient. En fait nous devrions remercier les décrets de 2007 règlementant l’ostéopathie (interdisant notamment les Manipulation Cervicales, MC sans autorisation médicale ) pour nous avoir offert l’opportunité d’approfondir d’autant plus notre compréhension ostéopathique de la cervicalgie.
Les plus puristes d’entre nous diront qu’il n’était pas nécessaire d’interdire les MC pour améliorer notre ostéopathie, il n’empêche que pour nombre d’entre nous cela nous a forcé à approfondir notre approche thérapeutique afin d’essayer de soulager une cervicalgie sans avoir recours à une MC.

Tout comme l’article sur le mal de dos nous allons d’abord faire un rappel anatomique puis différencier le diagnostic orthopédique/neurologique du diagnostic ostéopathique.

L’accent sera bien évidemment porté sur le diagnostic ostéopathique aussi si vous voulez en savoir plus sur l’anatomie ou le pathologique référez-vous à des sites d’anatomie ou de pathologie.

Afin de ne pas se perdre dans la multitude de symptômes qui peuvent être liés avec les cervicalgies seront ignorés maux de tête, brachialgie, symptômes neurologiques…

Cette liste des différents diagnostics ostéopathiques de cervicalgie est bien évidemment une liste non-exhaustive. Il serait improbable que l’auteur puisse avoir une compréhension complète et véridique du mal de cou. Cette appréciation est rappelons le principalement subjective, interprétez-la avec précaution, si vous pensez que certains points ont été omis n’hésitez pas à laisser un commentaire.

Rappel Anatomique (rapide) du cou



image513Le cou est composé de 7 cervicales. En haut nous avons l’occiput (l’arrière du crâne) qui repose sur l’atlas (première cervicale C1). Cette articulation appelée aussi C0-C1 est très important dans la flexion-extension.

Plus bas l’atlas s’articule avec l’axis (C2). C1-C2 est principalement responsable dans la rotation. C2-C3 dans la flexion latérale. …

La 7ème cervicale s’articule avec la première thoracique.

Le cou anatomique n’est composé que de 7 cervicales, mais en ostéopathie il faut rajouter le crâne, les hautes thoraciques et les premières côtes. En effet la mécanique du cou implique directement ces structures osseuses. entre chacune de ces vertèbres se trouvent des disques intervertébraux.

Les muscles importants sont les muscles sous-occipitaux, sterno-cléïdo-Mastoïdiens, trapèzes, élévateur de la scapula, splenius capitis, les scalènes (ant, moy et post), sterno-hyoïdien, omo-hyoïdien et les différents muscles sous-mandibulaire.muscles_cou_profil


Exemple de différents diagnostics médicaux du mal de cou

Le diagnostic orthopédique, ou médical va être l’explication symptomatique de votre douleur. Ce diagnostic répond à la question:

“Quels sont les tissus qui font mal ou provoquent les symptômes ?”

Ce diagnostic est essentiel à faire car il permet de savoir si notre cervicalgie a une origine pathologique ou une origine mécanique musculo-squelettique dysfonctionnelle.

Dans le cas où nous sommes en présence d’une pathologie y a-t-il contre ou indication à une approche par l’ostéopathie ? L’arthrose ou une hernie discale modérée sont des “pathologies”, mais améliorer la fonction mécanique peut véritablement améliorer la “pathologie”, et l’ostéopathie peut alors être vivement indiquée (avec certaines précautions évidemment).

lom55Hernie discale: Entre chaque vertèbre nous allons trouver un disque fibreux dans lequel se trouve un noyau aqueux. Ce disque peut se fissurer et ce noyau s’échapper postérieurement. Le pourtour du disque fibreux est innervé ce qui peut être douloureux lorsqu’il se fissure et en arrière se trouve le ligament longitudinal postérieur. Sa présence favorise une protrusion latérale. Cette protrusion et l’inflammation qu’elle crée peuvent compresser alors une racine nerveuse et donner des symptômes d’irritation nerveuse.

Entorse cervicale/whiplash: Une entorse cervicale va être une atteinte ligamentaire et capsulaire plus ou moins importante de différents étages cervicaux. Le whiplash est “le coup du lapin” lors d’une forte décélération ou accélération, le cou va partir brusquement en flexion, extension ou flexion latéral (typiquement en accident de voiture). Un whiplash provoque souvent une entorse cervicale qui sera accompagnée de la contraction réflexe de nombreux muscles du cou.
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Fractures: Besoin d’expliquer ? élégament appelées “solution de continuité”.

Arthrose: L’arthrose en elle même n’est pas forcément douloureuse mais peut prédisposer à la douleur. Le premier stage est généralement la destruction progressive des cartilages, puis l’élargissement des surfaces articulaires (ostéophytes). Au niveau des facettes articulaires la présence des ostéophytes peuvent limiter la mobilité cervicale (extension) et provoquer des symptômes neurologiques (radiculopathies)

fissuration de l’artère vertébrale: l’artère vertébrale passe à travers les apophyses transverses des 6 premières cervicales. Si cette artère se fissure cela peut provoquée des douleurs cervicales, migraines …

Bien sûr il ne faudrait pas oublier les pathologies rhumatismales, les tumeurs, métastases, douleurs référées (thymus, thyroïde, oesophage, coeur…) et …

Encore une fois si vous voulez en savoir plus sur les diagnostics médicaux de mal de cou référez vous à  des sites médicaux.

Différents diagnostics ostéopathiques du mal de cou

En ostéopathie nous recherchons les hypomobilités et leurs raisons existentielles. Ce sont ces hypomobilités (que l’on appelle dysfonctions somatiques) qui vont perturber l’équilibre mécanique du corps et engendrer des tensions musculo-squelettiques. Ces tensions ne sont pas forcément douloureuses, mais chacune d’elle va compromettre un peu plus la capacité du corps à pouvoir compenser d’un stress mécanique X ou Y.

Le diagnostic ostéopathique cherche à identifier ces différentes restrictions de mobilité tissulaire et d’en comprendre la cause. Ce diagnostic cherche à expliquer la causalité du trouble, il répond à la question:”Pourquoi ?”. On pourrait même dire qu’il cherche le “Pourquoi du pourquoi du pourquoi…”

Il n’est pas évident d’organiser les différentes causes d’un mal de cou car de nombreux facteurs vont participer de près ou de loin à ces tensions cervicales. Vous verrez aussi qu’un mal de cou est loin de la simple explication “vertèbre bloquée” car de nombreux facteurs vont influer pour prédisposer et maintenir ce blocage. Aussi il serait illusoire de croire que de faire une simple manipulation de “cracking” local résoudra tous les problèmes. Ce serait aussi l’explication pourquoi certaines recherches étudiant l’efficacité de la manipulation vertébrale seule n’y prouveraient qu’une faible efficacité thérapeutique (voir ici ).

Les descriptions suivantes sont une appréciation personnelle d’une pratique a tendance maximaliste même si un intérêt certain est porté sur la recherche d’une lésion dite “primaire”.

Quelques préceptes à garder en tête:


1. Un problème a rarement une seule origine, il est par expérience très souvent multi-factoriel. À moins qu’il soit directement lié à un trauma (ex douleur de cheville/ancienne fracture)
2. Le temps qu’il faut à une tension pour influencer le corps est inversement proportionnel à son importance, à moins que la lésion par son endroit stratégique influence grandement la mécanique.
2bis. Le temps qu’il faut à une tension pour avoir une influence à distance est inversement proportionnel à son importance, à moins que la lésion par son endroit stratégique influence grandement la mécanique.
3. Un petit stress répété longtemps peut être aussi nocif qu’un trauma violent spontané.
4. À problème central ou bilatéral, origine centrale ou bilatérale; à problème asymétrique, origine asymétrique.
5. La notion de chaîne ouverte vs chaîne fermée est très importante: un même muscle peut avoir une action complètement opposée. Imaginez que vous tiriez sur une corde qui n’est pas accrochée (chaîne ouverte), elle vient vers vous. Si elle est accrochée (chaîne fermée) et que vous tirez dessus c’est vous qui allez bouger… C’est la même chose pour un muscle qui tire sur une insertion mobile ou peu mobile.