Se peut-il que de nombreux accidents de la route ait une cause psychologique ?

Maintenant que nous avons vu ces notions de ressource, priorité et de conflit, nous allons tenter de répondre à cette question.

Dans notre conception sociétale des accidents de la route nous mettons en cause la vitesse, l’alcool, le téléphone portable, l’état de la chaussée…

Se pourrait-il que la cause soit en fait très souvent d’origine psychologique ? à des conflits ou à de mauvaises interactions entre processus cérébraux ?

L’excès de confiance en soi

Si nous prenons la vitesse par exemple, ce n’est pas la vitesse qui va être problématique c’est le fait de rouler TROP vite. Cela veut dire avoir une vitesse trop élevée par rapport à l’environnement, ses capacités (physique, réflexes, expériences…) et les capacités du véhicules.

Le conducteur qui risque un accident, sous-estime le danger, et sur-estime ses capacités. C’est cet excès de confiance en soi qui fait que l’on colle trop la voiture de devant, que l’on double sans regarder dans son angle mort, ou que l’on pense qu’on a assez de temps pour doubler, que l’on maîtrise la tenue de route de son véhicule (…) que l’on s’expose à un risque.

Si il y a eu consommation d’alcool ce n’est pas alors l’alcool qui est la cause de l’accident mais le fait que celui qui a bu a cru qu’il était apte à conduire. L’alcool et d’autres drogues ont très certainement un rôle dans la désinhibition et l’accentuation de cet excès de confiance en soi.

La question  qui vient à l’esprit est : “Est-ce qu’inconsciemment le conducteur cherche-t-il l’accident ?” c’est possible mais pas forcément: le conducteur peut réellement mal-appréhender le danger ou profondément croire qu’il n’y avait pas de risque.

La sous-estimation du danger

Bien que cela se complète avec le point précédent, ici le conducteur va en conduisant raisonnablement, sous estimer le danger environnant. Il peut par exemple être dupé par ses sens, comme par exemple ne pas voir une voiture arriver car elle se trouve dans son “blind spot”.

Où en arrivant à un carrefour et étant prioritaire ne pas se douter qu’un autre ne puisse pas le voir.

En Conclusion sur ces accidents

On pourrait croire que sur-estimer ses capacités est équivalent à sous-estimer le danger. Ce n’est pas tout à fait vrai.

Si un individu est victime de biais cognitifs élevés vis à vis de sa propre confiance ou de l’innocuité d’une situation statistiquement il devrait avoir plus de chance d’avoir un accident.

Ainsi les têtes brûlées ou les gens complètement inaptes à reconnaître des situations dangereuses en voiture sont plus à même à avoir des accidents.

Si une population donnée a un taux élevé d’accidents de voiture, on pourrait même se demander si il n’y a pas un trait de caractère général qui caractérise cette population.Il serait par exemple intéressant de mettre en parallèle l’incidence d’accident avec le taux de joueurs à des jeux de hasard/paris.

On pourrait aussi se demander l’influence psychologique d’une prévention routière punitive sur une population. Est-ce d’ailleurs la meilleur stratégie ? Une sensibilisation sur l’excès de la confiance en soi ne pourrait-elle pas être tout aussi efficace ?

Parfois la cause a pour origine l’exécution de trop de processus.

Exemple : Prenons le cas d’un conducteur. Conduire va requérir mettons 30% de capacités cognitives .


En effet vous pouvez aussi fumer, en même temps parler à votre passager, mâcher un chewing gum et écouter de la musique. Si les autres processus requièrent plus de 70% des capacités cognitives alors le minimum requis pour conduire sans risque n’est pas atteint. À ce moment-là vous ne faites plus assez attention à la route, l’accident guète.

Une mauvaise gestion de la priorité des processus peut aussi perturber la donne.

Par exemple: vous faites tomber votre cigarette et vous paniquez faisant passer tous vos processus (vision, danger, température,repérer de la fumée, odorat…)vous aidant à neutraliser le mégot fumant à une priorité élevée 8-10. La priorité du processus “conduite”, lui descend à 6. => inattention=> potentiel accident

Qu’en est-il du processus du suicide ?

 Par exemple: Votre vie est un calvaire, les pires merdes s’abattent sur vous sans relâche et vous êtes à bout. La solution semble être le processus qui vous tue. Si ce processus se déclenche vous allez vous abandonner. Cet abandon de soi paraît être la solution de choix à tous ces maux.

Par exemple:

vous conduisez de nuit (de nombreux processus de mémoires “négatifs” sont en route (décès, divorce, problèmes financiers, perte d’emploi, et le diagnostic récent d’un cancer incurable) => solution => abréger les souffrances => processus qui tue (priorité = 10) => vous fermez les yeux et laissez filer votre voiture… RIP

ou le “faux suicide” ou “tentative de suicide”

solution => besoin d’un électrochoc/changement/ne plus être responsable => processus besoin de changement radical (priorité = 9) // ne veut pas mourir (priorité 3-4) => ne pas arriver à destination sinon il n’y a pas de changement => solution ne pas arriver à destination sans mourir pour autant => louper le prochain virage => vous restez immobile à moitié “absent” dans votre voiture zappant le fait qu’il faille suivre le virage et laissez filer votre voiture vers le mur => accident/hôpital/immobilisation/centre d’attention/n’est plus responsable.

Sur cette note plutôt gaie nous allons sonner la fin de la première partie sur les processus cérébraux. Dans de prochains articles sur le sujet nous traiterons des boucles, des stratégies de “choix”, des réflexes pavloviens, des croyances et raisons, de la synesthésie, de l’effet idéomoteur et bien plus encore !